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Qui était Etienne Gaudin ?


Mon Grand-Père été 1983
Etienne Gaudin était mon grand-père maternel. Il est le seul aïeul que j’aie connu un peu.  Il est mort en 1985 à l’âge de 93 ans.
Né en 1892 à Mehun sur Hièvre, Etienne Marcel Victor fut mobilisé en 1914 avant d’être blessé et rapatrié à l’arrière. Il se marie à Nantes en 1920 avec ma grand-mère Yvonne Thomas.
Plus poète, que pragmatique, il fut tour à tour, pour nourrir ses quatre enfants, vendeur de programmes, chauffeur de taxi, entrepreneur de déménagements, employé à la Banque de France ou à la Régie Renault…de petits boulots qui plongèrent cependant bien souvent sa famille dans une vie de bohème parfois difficile.
Néanmoins il écrivit de jolis textes, de bonne facture, un peu lamartienne à mon goût.
Je voulais lui rendre hommage ici. Je ne sais si ce blog est le fruit de quelque atavisme…





Les drapeaux de Pavillon de la Paix (exposition 1937)

J'ai vu par un matin ruisselant de jeunesse,
A l'heure soucieuse où tout Paris se presse,
A l'heure favorable aux nobles visions,
Les drapeaux assemblés des grandes nations !

et sous le ciel joyeux, tel un ciel de Victoire,
Ces emblèmes divers se contaient leur histoire. 
Qu'ils étaient beaux tous là, montant la faction
Au Pavillon de la Paix, à l'exposition !

Formant le demi-cercle au font de l'édifice,
Solennels, lumineux comme feu d'artifice,
Ils mariaient gaiment ainsi au font les fleurs,
leur beauté, leur parfum puis leurs fraiches couleurs.

Quand les vents s'apaisaient afin de prendre haleine,
Les symboles légers, faites de soie ou de laine,
prenaient le "garde à vous" et tous ces fiers soldats,
au pures missions semblaient des candidats.

Longtemps j'ai regardé flotter les fines voiles ;
De leurs plis par instants s'échappaient des étoiles...
Mon rêve s'attardait, en suivant leur essor,
A les imaginer les gardiens d'un trésor

Ainsi le vent d'été haut en gonflant leurs ailes,
Emportait mon esprit loin des formes réelles :
Voici que les drapeaux, glorieux, frémissants,
S'envolaient, un à un, vers les cieux ravissants.

D'un même cœur partant pour le plus doux voyage
Ces beaux ambassadeurs portaient le vrai message
Qu'attend l'Humanité depuis son premier jour :
Le message de Paix,...le message d'amour.

J'ai repris mon chemin, mais depuis et sans cesse,
Cet heureux souvenir en mon esprit se dresse :
Là, dans ma nuit je vois -Ô chères visions !-
S'embrasser les Drapeaux des grandes Nations.

Etienne Gaudin- Décembre 1937

Ma Muse...(Mai 1938)

Ma Muse n'est pas riche ! Elle va simple et digne
D'un pas toujours égal même sous l'aquilon
Prenant "bonté" pour guide, elle a "Pitié" pour signe,
C'est une source claire en un sombre vallon.

C'est un acte de foi !
                                 Sur l'Océan qui gronde
C'est une voile blanche en l'immense horizon ;
C'est la voix d'un enfant au milieu d'une ronde,
Etant beaucoup "amour' et un peu de "raison".

Son chant est doux et tendre à l'oreille naïve :
Pauvre chant de ce bord où je suis passager,
Il ne touche les cœurs d'une note plaintive,
que pour les mieux bercer de son rythme régulier.

Etienne Gaudin (1892-1985)

Sonnet à ma sonnette

Au bout de ta longue chaînette
Sensible clochette d'airain
Qui bondit quand un malandrin
Tire en courant sur ta manette

J'aime entrendre ta clarinette
"Me dire "Quitte ton lutrin !
"Toi, un pauvre et vieux pélerin
"Tremble devant ta maisonnette !"

Mais quand je sis dans le pétrin
Que ma poche est sans florin,
Mon tiroir sans une vignette

Et que là l'huissier souverain
Te fait tressaillir, ô sonnette !
Au diable tes drin ! drin ! drin !

Chatou, le 17 Mars 1939

Le petit lac (Juillet 1938)

C'est un tout petit lace en un cadre immobile
Où la paix rend visite aux rayons triomphants
C'est un tout petit  lac dont l'eau verte et tranquille
Reflète autant de bleu que les yeux d'un enfant.

Il dort sous les regards d'une route indiscrète
Sur un divan brodé d'aimables floraisons
Quelques buissons épars forment sa collerette
Que l'oiselle recherche aux temps des couvaisons.

Opale et vaporeux, un doux voile de gaze
Comme par transparence estompe son décor
Qui, le couchant venu, du sommet à la base
Se pare de rubis et d'améthyste et d'or !

En face, sur la rive, à moins d'une encablure
Un vieux chalet moussu se décalque en ses eaux ;
Un saule à l'abandon lave sa chevelure
Légère et gracieuse au milieu des roseaux.

Oh joli petit lac, délicieux mirage,
Morceau de paradis cher à  l'oisiveté
Ton castel est charmant, charmant ton doux ombrage,
Mais ta paix m'émeut plus encore que ta beauté.

C'est un tout petit lac en un cadre immobile,
Où la paix rend visite aux rayons triomphants ;
C'est un tout petit lac dont l'eau verte et tranquille
Reflète autant de bleu que les yeux d'un enfant.

Étienne Gaudin (1892-1985)

La belle écriture de mon grand-père !






I l y a une trentaine d’années, je me liai durablement avec une jeune adolescente. Cette relation   avait pourtant très ...